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Billets du 11/09/2026
Pour une autre France (suite)  -  par gilles_bressiere

Pour une autre France (suite)

Un aspect peu connu de la mauvaise gestion de la France

Emmanuel Duteil Directeur de la rédaction de Challenges : 

"           L'important, c'est d'être constant

Chers abonnés,

Il y a une maladie française plus coûteuse encore que notre goût pour les normes ou les impôts : notre incapacité à tenir un cap. Nous inventons des dispositifs, encourageons Français et entreprises à s’en emparer, nous nous félicitons lorsqu’ils fonctionnent. Puis, à la faveur d’un budget difficile, nous envisageons de changer les règles.

L’épargne salariale vient d’en offrir une nouvelle illustration. Selon Les Échos, le gouvernement étudiait la possibilité de soumettre davantage à cotisations sociales l’intéressement, la participation et les abondements au-delà de 3 000 euros par an. Tollé immédiat. Et, vingt-quatre heures plus tard, Matignon met le pied sur le frein : Sébastien Lecornu ne se serait jamais prononcé en faveur de cette piste et réfléchirait même, à l’inverse, à faciliter temporairement le déblocage de l’épargne salariale.

Tant mieux. Mais l’épisode pose un autre problème : il faut arrêter les ballons d’essai, qu’ils soient délibérés ou simplement mal cadrés. Dans un pays où entreprises et ménages ont déjà le sentiment que les règles fiscales et sociales changent sans cesse, laisser circuler des pistes aussi sensibles pour les retirer quelques heures plus tard a un coût : celui de l’incertitude et, à la longue, de la défiance.

Car de quoi parle-t-on ? De l'un des rares dispositifs qui réconcilient intelligemment les intérêts des salariés et ceux des entreprises. L’intéressement récompense la performance collective, la participation associe les salariés aux bénéfices et l’abondement encourage l’épargne. Surtout, cela marche.

Le problème dépasse largement l’épargne salariale. Nous avons massivement développé l’apprentissage avant de commencer à rogner son financement. Nous avons fait du compte personnel de formation un outil majeur avant d’en durcir régulièrement les conditions. Aujourd’hui, nous débattons de l’épargne salariale. Et demain ? Du PER, parce que son avantage fiscal coûtera soudain trop cher ?

Bien sûr, aucun dispositif ne doit être sanctuarisé. Les effets d’aubaine doivent 
être traqués et l’argent public évalué. Mais une politique économique ne peut pas être une succession de coups de rabot, de pistes lancées puis retirées et d’arbitrages dictés par l’urgence budgétaire.

Car derrière ces changements permanents, ou leur simple évocation, se cache un coût que Bercy ne chiffre jamais : celui de l’instabilité. Entreprises comme salariés prennent des décisions sur plusieurs années. Ils ont besoin de savoir que les règles ne seront pas bouleversées au prochain budget.

La politique économique a besoin de réformes. Elle a aussi besoin d’une vertu beaucoup plus rare en France : la constance.

Emmanuel Duteil
Directeur de la rédaction de Challenges"

Gilles Bressière :

  Toujours plus de lois, de règlements, de contrôles et d’instabilité fiscale exaspèrent les Français qui se tournent vers les extrêmes pour punir les tracassins médiocres qui nous gouvernent. Le dégagisme prend de l’ampleur afin de virer des élus incapables de redresser le pays.
  Les Français exigent du changement. Comme la politique n’est pas rationnelle mais passionnelle, ils manifestent leur colère en choisissant majoritairement des partis populistes radicaux. Que les programmes économiques de ces partis politiques conduisent au désastre ils le savent mais ils s’en foutent pourvu que ça change. 
  Quand on aura touché le fond on ne pourra que se redresser pensent-ils. C’est jouer à la roulette russe avec cinq balles sur six dans le barillet. 
  Mais si la chambre restée vide c’était le choix de la démocratie éclairée, avec des commissions citoyennes composées de jurés tirés au sort, instruits contradictoirement par les experts de tous bords, qui débattraient rationnellement pour choisir les meilleurs solutions, ce serait une révolution efficace... dans la douceur.

  Exemple avec la Santé (les hôpitaux) : ses multiples administrations représentent 30 % de son budget alors qu’en Allemagne c’est seulement 20 %.
  Gagner 10 % c’est réduire les coûts administratifs au profit du personnel soignant dans la mesure de respecter l’équilibre financier et ne plus emprunter afin de régler le déficit actuel.
  Solution : demander à une Commission Citoyenne Éclairée de plancher pour réduire progressivement le budget administratif de 10 % afin de rejoindre le niveau allemand. Elle serait bien plus efficace et pertinente que les hauts fonctionnaires actuels ignares en économie.

Publié le 11/09/2026 08:57  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Haut
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